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Portrait de Sibylle Grégoire, jeune chercheuse distinguée par le prix L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science
Doctorante à Lyon 1 Université Claude Bernard, au Laboratoire Thérapie et Applications des Ultrasons (LABTAU), Sibylle Grégoire fait partie des 35 lauréates du Prix Jeunes Talents France 2026 L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science, décerné le 6 octobre dernier. Elle nous présente son travail de recherche dans le domaine de l'acoustique biomédicale et nous confie ce que représente pour elle cette distinction, en tant que femme scientifique.
Sybille, pouvez-vous nous expliquer brièvement en quoi consistent vos recherches en acoustique biomédicale ?
Mon travail de doctorat porte sur la caractérisation non invasive de l’élasticité des tissus biologiques. On utilise un système d’imagerie pour mesurer la vitesse des ondes élastiques dans les tissus, vitesse qui est directement liée à leur rigidité. En particulier, mon travail de thèse porte sur les artères, plus une artère est rigide, plus le risque d'accident cardiovasculaire est élevé. L’innovation de mon travail de thèse réside dans l’utilisation d’une découverte récente : celle de l’onde de pouls de flexion. Les ondes de pouls sont des ondes guidées dans les parois des vaisseaux sanguins dont la vitesse est liée à la rigidité des parois artérielles. Depuis les travaux de Thomas Young, il y a 200 ans, on pensait qu’il n’y avait qu’un seul mode de propagation des ondes de pouls : le mode axisymétrique. Il a fallu attendre 2024, pour qu’un second mode de propagation des ondes de pouls soit découvert dans notre équipe : le mode de flexion. Il se déplace en serpentant dans les artères et est plus lent que le mode axisymétrique. De par son caractère guidé et sa lenteur, le mode de flexion est un candidat parfait pour estimer précisément la rigidité des artères, et pourrait devenir un outil de détection précoce des accidents cardiovasculaires.
Que représente pour vous le fait d’avoir reçu le prix L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science ?
Recevoir ce prix est précieux pour moi, car c'est une forme de reconnaissance de mes pairs et une occasion d'entrer en contact avec d'autres femmes scientifiques de domaines très divers.
Quel message aimeriez-vous adresser aux jeunes filles qui envisagent une carrière scientifique ?
Mon conseil serait, dans la mesure du possible, de privilégier les équipes de recherche composées de personnes qui vous semblent bienveillantes et qui vous donneront confiance en vous. Faire une thèse permet d'être libre de choisir d’explorer les idées et pistes de recherche qui nous intéressent. On peut participer à la conception d'un projet, puis être actrice de sa réalisation pratique, et enfin responsable de sa communication. C'est une belle aventure, et c'est dommage de se voir refuser l'entrée car on ne colle pas au stéréotype du "chercheur".
Lyon 1 Université Claude Bernard félicite également chaleureusement Anne Gagneux, doctorante au sein du Laboratoire de l'informatique du parallélisme (LIP), récompensée pour ses recherches sur les intelligences artificielles capables de générer et de restaurer des images, ainsi qu’Amandine Chantharath, doctorante au sein du Centre international de recherche en infectiologie (CIRI), distinguée pour ses travaux sur la diversité des défenses immunitaires du vivant. Lire leurs portraits sur le site de l’ENS de Lyon.