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La mer Morte pourrait se réchauffer deux fois plus vite que l’air — un indice actuel sur la formation des anciens « géants de sel »
Avec la hausse des températures, la mer Morte s’évapore davantage et sa salinité ne cesse d’augmenter. S’intéressant au réchauffement climatique et au niveau de la mer Morte, une équipe internationale de recherche, impliquant notamment le Laboratoire de géologie de Lyon : Terre, planètes, environnement (LGL-TPE – Lyon 1 Université / ENS de Lyon / CNRS) et l’Institut lumière matière (iLM – Lyon 1 Université / CNRS), apporte de nouveaux éléments pour la compréhension de la formation des « géants de sel », immenses dépôts de sel laissés par des mers préhistoriques. Ces résultats viennent d’être publiés dans la revue Geophysical Research Letters.
Les étés sont déjà particulièrement chauds en mer Morte : la température moyenne mensuelle de l’air et celle de l’eau de surface atteignent environ 34 °C. Mais la situation pourrait devenir encore plus extrême.
Une nouvelle étude, impliquant le LGL-TPE et l’iLM, a modélisé en détail les échanges de chaleur dans la mer Morte et reproduit quatre décennies de données de température. Le modèle prévoit qu’en 2100, si la température de l’air dans la région augmente de 4 °C, la température de la mer Morte pourrait augmenter de 8 °C, tandis que son niveau pourrait baisser de 85 mètres. La principale cause serait une diminution de l’efficacité du refroidissement par évaporation — le même phénomène qui permet de refroidir la soupe en soufflant à sa surface.
À mesure que les prélèvements d’eau et le réchauffement climatique intensifient l’évaporation, la mer Morte devient de plus en plus salée. Or, plus l’eau est salée, moins l’évaporation permet d’évacuer efficacement la chaleur. Le refroidissement ne parvient alors plus à compenser la chaleur reçue par la surface : la mer Morte continue de s’évaporer tout en se réchauffant. Appliqué à une mer Méditerranée hypothétique progressivement isolée, le même mécanisme suggère une nouvelle interprétation de la formation des anciens « géants de sel » : ces immenses dépôts de sel laissés par des mers préhistoriques pourraient témoigner non pas nécessairement d’un climat extrêmement aride, mais de l’effondrement progressif de mers isolées sous l’effet de ce mécanisme de réchauffement et d’évaporation.
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Référence publication :
Guillerm, E., Lowenstein, T. K., Gardien, V., Bärenbold, F., Bouffard, D., Brauer, A., & Caupin, F. (2026). Dead Sea warming and the origin of salt giants. Geophysical Research Letters, 53, e2026GL124167. https://doi.org/10.1029/2026GL124167
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