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La folle farandole des foules
Entre mouvements collectifs et comportements individuels, l’étude des foules constitue aujourd’hui un domaine de recherche foisonnant. Alexandre Nicolas, chercheur à l’institut Lumière Matière, en dresse l’état actuel.
Image par Brian Merrill de Pixabay
Quoi de plus commun que de voir déambuler des groupes de piétons ? D’ailleurs, pourquoi diantre occupent-ils toute la largeur du trottoir en avançant en rang (en formant une sorte de V ou de U lorsqu’ils sont 3 ou 4 dans le groupe), plutôt qu’en colonne ? Quoi de plus commun que de pester contre cet indélicat qui s’arrête brusquement en plein milieu du couloir de métro et vous contraint à un virage en épingle après un freinage du bout des orteils ? Puis, une fois l’indélicat contourné, pourquoi avance-t-on si lentement dans ce couloir bondé, alors que rien ni personne dans la foule ne ralentit individuellement la marche ? S’en faut-il de beaucoup avant que cette foule dense ne soit le lieu de bousculades comme celle qui a coûté la vie à une centaine de jeunes coréens il y a quelques mois, dans les rues d’Itaewon, à Séoul, le soir de Halloween ? Et comment ces deux files marchant à contre-sens ont-elles bien pu se former spontanément, sans qu’aucun ordre en ce sens ait été donné ?
Parmi ces questions, les recherches sur les foules piétonnes ont déjà apporté des réponses convaincantes à certaines, tandis que d’autres sont encore débattues par les informaticiens, physiciens, mathématiciens et autres psychologues sociaux qui peuplent ce domaine de recherche.