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Elodie Fromentin, responsable de la plateforme technique CCSM

Elodie Fromentin est responsable du Centre commun de spectrométrie de masse (CCSM) à l'ICBMS*, plateforme de support à la recherche dans le domaine de la chimie et biochimie. Retour sur son quotidien depuis la reprise d'activité.


Quel est votre parcours avant d'arriver à l'ICBMS* ?

Je suis docteure en chimie. Pendant ma thèse j'ai travaillé sur la dégradation de polymères contenus dans certains types de déchets radioactifs destinés à un stockage profond. Cette étude s'appuyait en grande partie sur de la chimie analytique. Un travail technique, mais que j’ai beaucoup apprécié. Après ma thèse, j’avais envie de rester proche du milieu de la recherche et du développement. Avec un attrait pour l’aspect technique, j’ai rejoint le service R&D d’une entreprise en tant qu’ingénieure en spectrométrie de masse. Puis, j’ai passé le concours d’ingénieure de recherche et j’ai été retenue à Lyon comme responsable du Centre de spectrométrie de masse (CCSM) à l’Institut de chimie et biochimie moléculaires et supramoléculaires (ICBMS – Université Claude Bernard Lyon 1 / INSA Lyon / CPE Lyon / CNRS).

 

La spectrométrie de masse, qu'est-ce que c'est ? 

La spectroscopie de masse est une technique d’analyse qui permet de détecter des molécules, de les caractériser, et de remonter à leur formule chimique. Par exemple, lorsqu’un chercheur ou une chercheuse a synthétisé une molécule, la spectrométrie de masse permet de s’assurer qu’il s’agit bien de la molécule attendue. Nous pouvons aussi identifier le produit d’une synthèse chimique s’il n’est pas connu à l'avance. Une autre utilisation permet de différencier des molécules dans un mélange. Des clients industriels sollicitent cette technique pour détecter par exemple des impuretés dans leurs échantillons.

 

A quoi ressemble votre travail dans la plateforme CCSM ?

Le Centre commun de spectrométrie de masse compte trois personnes. Deux assistants ingénieurs : Christian Duchamp et Antoine Vauchez, et moi-même comme responsable de la plateforme. Nous réalisons les analyses sur 4 spectromètres de masse de pointe, nous permettant de répondre à des demandes très variées. Nos services s’adressent aux personnels de l’ICBMS, mais aussi à des entreprises. Nos prestations sont facturées aux clients extérieurs et, à moindre coût, aux personnels de l’institut. Un tarif préférentiel est également proposé aux personnels universitaires hors ICBMS.

Dans ce travail, les échanges avec les chercheurs et chercheuses sont vraiment essentiels. La spectrométrie de masse permet d’avoir une grande précision, mais à condition de savoir où chercher. Souvent, les molécules synthétisées sont inconnues, et il y a tellement de possibilités que nous avons besoin d’être aiguillés. On va demander les schémas de synthèse, quels éléments chimique nous devons chercher en priorité, etc… C’est donc important d’avoir une bonne communication avec nos interlocuteurs. C’est aussi ce qui me stimule dans ce travail. Les projets sont très variés et les discussions avec les (jeunes chercheurs et chercheusetoujours enrichissantes. 

 

Comment s'est passé le confinement ?

Nous étions tous les trois en télétravail. Seulement, nos analyses requièrent des ordinateurs puissants, bien plus que nos ordinateurs personnels. Heureusement mes collègues ont pu revenir à l'institut récupérer les ordinateurs fixes de notre plateforme. En parallèle, nous avons profité du confinement pour avancer certaines tâches administratives comme la facturation. Nous avons aussi mis à jour les espaces dédiés à la plateforme sur les différents sites Web. C’est important pour notre visibilité, notamment auprès des entreprises.

Nous avons aussi profité de cette interruption d’activité pour organiser 3 webinaires sur la spectrométrie de masse. C’était l'opportunité de revenir sur les fondamentaux de cette technique : que permet-elle de faire, quand l’utiliser, quels résultats donne-t-elle… En tant qu’équipe de support technique à la recherche, c’était à la fois un moyen d’information et une façon d’entretenir le lien entre nous et les personnels de l'ICBMS.

 

Et depuis la reprise d’activité ?

Les mesures dans le bâtiment sont sensiblement les mêmes que dans d’autres établissements : sens de circulation, mise à disposition de gel hydroalcoolique, limitation du nombre de personnes dans les espaces partagés.

Au sein de la plateforme, nous avons adapté la procédure des demandes d’analyse. Auparavant, les personnels nous apportaient directement leurs échantillons et leurs demandes au format papier au laboratoire. Maintenant il existe un point de dépôt à l’extérieur du laboratoire, et les démarches sont informatisées. Il faut donc pouvoir gérer cette nouvelle situation, qui limite nos contacts avec nos collaborateurs.

En quelque sorte, le confinement nous a poussé vers la numérisation. Toutefois, quelques difficultés subsistent encore parfois entre le dépôt des échantillons et l’envoi des demandes par mail. Aussi, comme je l’ai déjà dit, nous avons régulièrement besoin d’échanger avec les chercheurs et chercheuses à propos de leur demande. Nous devons souvent aborder des aspects très techniques, et il est parfois plus difficile de se comprendre par mail. La covid-19 nous a ainsi amené à tester de nouvelles approches en matière d’organisation. Lorsque la situation sera plus normalisée, nous pourrons faire le bilan sur les mesures que nous voulons pérenniser pour la plateforme CCSM.


*Institut de chimie et biochimie moléculaires et supramoléculaires (ICBMS – Université Claude Bernard / INSA LYON / CPE Lyon / CNRS)



Elodie Fromentin, responsable de la plateforme CCSM
04 72 43 15 37ccsm@univ-lyon1.fr

Les autres membres permanents de la plateforme CCSM : 


 Antoine Vauchez, assistant ingénieur CNRS






 Christian Duchamp, assistant ingénieur (Université Claude Bernard Lyon 1)





Pour en savoir plus sur le centre commun de spectrométrie de masse


Publié le 22 juin 2020 Mis à jour le 24 juillet 2020