Communiqué / Publication


Le rôle crucial de l’annexine A1 dans les réactions inflammatoires

Une équipe de l’Institut NeuroMyogène (Université Claude Bernard Lyon 1 / CNRS / INSERM) [1] a identifié une nouvelle protéine impliquée dans la réparation des lésions du tissu musculaire.

En collaboration avec une équipe de l’Institut de recherche William Harvey à Londres, leurs travaux réalisés sur différents modèles murins et des cellules humaines ont montré le rôle de l’annexine A1 dans la résolution de l’inflammation. En effet, les souris dépourvus de cette protéine ou de son récepteur présentaient un défaut du processus de réparation musculaire. Ces travaux sont publiés dans la revue Journal of Clinical Investigation.
 

Les macrophages : cellule clé de la régénération musculaire

La compréhension des mécanismes favorisant une résolution efficace de l'inflammation est cruciale pour déchiffrer les processus moléculaires et cellulaires nécessaires à la réparation des tissus. A ce titre, les macrophages jouent un rôle central dans la résolution de l'inflammation et la régénération musculaire. Ces cellules ont la capacité de se différencier en fonction de la nature de l’agent pathogène ou de la lésion tissulaire et constituent ainsi un élément clé de notre système immunitaire.

Lors d’une réaction inflammatoire, une voie de signalisation intracellulaire régie par la protéine AMPK permet d’assurer la différenciation des macrophages en un phénotype permettant la réparation tissulaire. En revanche, l’élément extracellulaire déclencheur de cette réaction restait jusqu’à présent mal compris. En utilisant un modèle de lésion et de régénération des muscles squelettiques, l’équipe de recherche a alors identifié le rôle clé de l'annexine A1 (AnxA1). Sécrétée dans les tissus lésés par les neutrophiles, un type de globules blancs, l’AnxA1 se fixe sur son récepteur FPR2 présent sur les macrophages, entraînant le déclenchement de la signalisation AMPK.
 

L'annexine A1: déclencheur des réactions inflammatoires

Les expériences réalisées à l’Institut NeuroMyogène sur des souris dépourvues totalement ou en partie d'AnxA1 présentaient un défaut de ce processus de régénération musculaire. En collaboration avec l’Institut William Harvey à Londres, des expériences in vitro sur des macrophages humains dépourvus de la protéine AMPK ont permis de mettre en évidence l’importance de la voie de signalisation AnxA1/FPR2/AMPK dans le processus de différenciation des macrophages en un phénotype permettant la réparation tissulaire.

Collectivement, ces données ont permis d'identifier l'axe AnxA1/FPR2/AMPK comme une voie de signalisation importante dans la régénération du tissu musculaire strié squelettique. Ces recherches ouvrent ainsi la voie à de futurs traitements contre des pathologies caractérisées par une inflammation chronique, telles que l’arthrose ou le sepsis.
 

 

Modèle de l'action de l'axe AnX1/FPR2/AMPK lors d'une réaction inflammatoire - crédit Gaëtan Juban


Annexin A1 drives macrophage skewing to accelerate muscle regeneration through AMPK activation, [Simon McArthur, Gaëtan Juban, … and Rémi Mounier], The Journal of Clinical Investigation (2020)

[1] Institut NeuroMyogène

Publié le 11 février 2020 Mis à jour le 18 février 2020