Communiqué / Alerte presse


Covid-19 : 15 % des formes graves de la maladie s’expliquent par des anomalies génétiques et immunologiques

En avril dernier, une étude associant plusieurs équipes lyonnaises de recherche du Centre International de Recherche en Infectiologie (CIRI – Université Claude Bernard Lyon 1 / CNRS / INSERM / ENS Lyon), et des équipes cliniques des Hospices civils de Lyon rapportait le défaut de réponse antivirale chez certains patients de réanimation atteints de la COVID-19 . Ce défaut concernait des protéines bien spécifiques - les interférons de type I – qui représentent des molécules clés des défenses anti-virales. Cette observation, également rapportée par une autre équipe française parisienne ouvrait des questions importantes sur la cause des différences de réponses immunitaires entre les patients atteints de la COVID-19.

Pourquoi la réponse individuelle à l'infection par le virus SARS-CoV2 varie-t-elle autant d’une personne à l’autre ?

Résoudre ce mystère permettrait d’identifier les patients à risque, d’anticiper et d’améliorer leur prise en charge et d’offrir de nouvelles voies thérapeutiques fondées sur une meilleure compréhension de la maladie. Dans cette optique, les chercheurs lyonnais ont participé à une large étude internationale  permettant de mettre en lumière ces différences de réponse immunitaire. En effet, 15% des formes graves de Covid-19 présentent un défaut d’activité des interférons (IFN), molécules du système immunitaire qui empêchent la réplication du virus. Deux mécanismes sont identifiés dans ces travaux et ont fait l’objet de deux articles publiés dans Science :
 
- Des variants génétiques qui diminuent la production d’IFN de type I pendant l’infection
- Des anticorps, retrouvés chez plus de 10 % des patients développant une pneumonie grave par infection au SARS-CoV2, qui neutralisent les IFN de type I
 
Ces déficits précèdent l’infection par le virus et expliquent la maladie grave. Ces deux publications majeures mettent en évidence le rôle crucial des IFN de type I dans la réponse immunitaire contre le SARS-CoV2, concluent les scientifiques.
 
Cette étude internationale illustre par ailleurs l’importance des travaux collaboratifs à grande échelle pour avancer rapidement sur la connaissance scientifique de la COVID-19.
 
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Image par Joseph Mucira de Pixabay
Publié le 25 septembre 2020 Mis à jour le 2 mars 2021