Distinction / prix


Bourses 2016 L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science

Aline Myule, Laurie-Anne Sapey-Triomphe et Pauline Nauroy font partie des 30 jeunes chercheuses récompensées par la bourse L’Oréal-UNESCO "Pour les Femmes et la Science".

À l’occasion de la Fête de la Science, la Fondation L’Oréal organise le 12 octobre 2016 une rencontre inédite et donne la parole aux jeunes femmes scientifiques qui feront la science de demain. L’occasion de faire découvrir au plus grand nombre les travaux scientifiques des 30 jeunes femmes récompensées cette année par la bourse L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science en partenariat avec l’Académie des sciences et la Commission nationale française pour l’UNESCO.

Cette année, ce sont trente jeunes femmes scientifiques, qui rejoignent la communauté des 2 250 chercheuses récompensées à travers le monde et mises en avant grâce au programme international L’Oréal-UNESCO For Women in Science créé en 1998. Le jury, présidé par le Professeur Bernard Meunier, Président de l’Académie des sciences, a sélectionné, parmi plus de 1000 candidatures, 17 doctorantes et 13 post-doctorantes dans divers domaines : biologie, mathématiques, chimie, électronique, sciences de l’univers...

L'université Claude Bernard Lyon 1 félicite tout particulièrement 3 lauréates :

Aline Myule, Post-Doctorante au Laboratoire de Biométrie et Biologie Evolutive (LBBE)

Aline MYULE, Fondation L'Oréal-Unesco

De l'importance du sexe chez les palmiers
Mâle ou femelle ? Cette question tarabuste les producteurs du palmier Chamaedorea tepejilote en Amérique centrale car seules les fleurs des individus mâles sont consom­mées comme légume traditionnel. Or le sexe de chaque arbre n’est connu qu’au bout de plusieurs années, ce qui entraîne une déperdition de production en élimi­nant tardivement les fleurs femelles non comestibles. C’est par cet exemple concret qu’Aline Muyle, actuellement en post-doc­torat dans le Laboratoire de Biologie et Biométrie Évolutive, fait prendre conscience de l’importance d’étudier les chromosomes sexuels des plantes pour aider de tels producteurs. Cette jeune chercheuse dynamique a ainsi développé une méthode de détection génétique non conventionnelle grâce à un programme informatique SEX-DETector, mis au point pendant sa thèse. « Grâce à mes re­cherches, le rendement de la culture de certaines espèces consommées par l’homme devrait augmenter, ce qui est important étant donné la croissance de la population humaine sur la Terre, une pla­nète aux ressources limitées », souligne Aline Muyle. La jeune chercheuse parti­cipe ainsi à un objectif essentiel pour elle : développer de grandes innovations tech­niques pour changer les pratiques agri­coles et diminuer l’impact négatif de l’homme sur l’environnement. Au-delà de l’exemple du palmier Chamaedorea, le travail d’Aline Muyle peut s’envisager pour de nombreuses plantes cultivées pour leurs fruits : le kiwi, le quinoa ou l’as­perge, ou pour leurs propriétés médici­nales, comme le Ginkgo biloba ou arbre aux mille écus.
 

Laurie-Anne Sapey-Triomphe, doctorante au Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon (CRNL)

Autisme, les infinis détails de la perception
Un tableau se regarde à quelques pas de distance. Si vous approchez de trop près, les détails apparaissent mais vous perdez la vue globale. C’est une des hypothèses pour expliquer la perception du monde par les personnes atteintes de troubles du spectre de l’autisme (TSA), qui sont 650 000 en France. « En effet, si l’on perçoit tous les détails d’un stimulus (par exemple, d’un sourire) plutôt que sa caractéristique principale (sa forme en croissant), alors il sera plus difficile de le catégoriser et de bien l’interpréter », explique Laurie-Anne Sapey-Triomphe, qui cherche au cours de sa thèse de neurosciences à comprendre comment les personnes avec TSA perçoivent le monde et comment elles s’en construisent des images internes. Au sein du Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon, elle a mené six études (enquêtes, expériences comportementales, études en IRM), dont les résultats soulignent une perception atypique dans les TSA. Mieux comprendre cette perception et cette hypersensibilité pourrait permettre une meilleure description des TSA, et d’envisager des accompagnements adaptés afin de mieux intégrer ces personnes au niveau social et professionnel. Laurie-Anne Sapey-Triomphe cherche également à sensibiliser le grand public aux problématiques de l’autisme, elle a notamment reçu le premier prix lors la finale locale du concours « Ma thèse en 180 secondes ».

Interview de Laurie-Anne Sapey-Triomphe, gagnante de la finale de Ma Thèse en 180 secondes

Pauline Nauroy, doctorante à l'Institut de Génomique Fonctionnelle de Lyon (IGFL)

Comment le poisson zèbre régénère-t-il sa nageoire ?
Si Pauline Nauroy s’intéresse au poisson zèbre, c’est pour les extraordinaires capacités de régénération de ce petit vertébré, qui lui permettent de régénérer en dix jours une nageoire amputée. Ses travaux de thèse ont pour but d’identifier les protéines de la matrice extracellulaire quiorchestrent la régénération de la nageoire. Cette matrice est une sorte de ciment protéique entre les cellules, dynamique et capable de contrôler le devenir et le comportement des cellules. « Mieux comprendre ce processus biologique bénéficierait grandement à la médecine régénérative et reconstructrice humaine », indique Pauline Nauroy qui réalise son doctorat à l’Institut de Génomique Fonctionnelle de Lyon. En utilisant la technique de séquençage d’ADN à haut débit, elle a pu établir une cartographie de l’ensemble des gènes codant pour les protéines de la matrice extracellulaire impliquées dans le processus de régénération. Cetteétude a permis d’identifier des protéines clés, les collagènes, comme des acteurs importants de la régénération. Une découverte qui pourra être utilisée en médecine humaine afin de faciliter la régénération de tissus, par exemple la peau, pour soigner les grands brûlés.

Publié le 12 octobre 2016 Mis à jour le 16 novembre 2016