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Plan Campus: nos chercheur·es impliqué·e·s pour le respect de l’environnement

Grâce aux travaux des scientifiques, le campus de LyonTech-la Doua se fait terrain d’innovation en éco-conception et développement durable.

Un vaste projet de renouvellement est en cours à LyonTech-la Doua. Lancés en 2016 dans le cadre du Plan Campus, d’ambitieux travaux (185 M€) vont se poursuivre jusqu’en 2021 et offrir une seconde jeunesse à ce site universitaire né en 1957: 22 bâtiments rénovés (140 000 m2), 8 nouveaux bâtiments construits, des espaces extérieurs transformés…

L’ambition est double :

  • Renforcer l’organisation en pôles scientifiques de ce territoire de 100 hectares, qui rassemble 80 laboratoires de recherche, 25 000 étudiants (20% des étudiants de la Métropole de Lyon) et 70 entreprises ;

 

  • Développer un Eco-campus.

 

Bernard Kaufmann, chercheur au laboratoire LEHNA et responsable du parcours de licence Sciences de la biodiversité à la Faculté des Sciences, a participé au comité informel de chercheur·es qui a conseillé l’Université de Lyon pour la mise en place du projet Eco-campus.

Il raconte l’implication et le rôle des scientifiques, non seulement pour le respect de la biodiversité et la gestion de l’eau pendant et après les travaux, mais aussi pour que le campus devienne un territoire d’expérimentation à ciel ouvert.

 

Comment a travaillé le comité scientifique de l’Eco-Campus ?

Ce comité scientifique s’est mis en place sous l’influence de Bernard Chocat, professeur à l’INSA et grand spécialiste des écoulements d’eaux urbaines. Il a travaillé jusqu’au lancement de la dernière phase du Plan Campus. Nous étions une vingtaine de chercheur·es, essentiellement de l’Université Claude Bernard Lyon 1 et de l’INSA, spécialistes des problèmes environnementaux et urbains.

Quand le Plan Campus a été lancé en 2009, nous avons plaidé pour insuffler un peu de science dans cette opération immobilière. Les dalles d’infiltration d’eau sur le parking des résidences étudiantes de l’INSA sont un exemple des expérimentations à ciel ouvert que nous avons pu réaliser.

Nous avons ensuite également été consulté·es, en amont de l’appel d’offre, pour la mise en place de la rénovation des bâtiment.

Carte des interventions de rénovation prévues sur le campus LyonTech-la Doua
(Université de Lyon)

Quelle influence le comité scientifique a-t-il eu sur le projet de rénovation des bâtiments ?

Dans un premier temps, nous avons participé à l’élaboration du cahier des charges. Les projets de rénovation immobilière devaient en effet s’inscrire dans la norme Haute Qualité Environnementale (HQE), qui comprend une quinzaine de points. Le promoteur doit en respecter un nombre minimum pour prétendre à la labellisation : nous avons plaidé pour qu’un de ces points porte sur le respect de la biodiversité animale et végétale.

Nous avons eu ensuite à examiner les projets de 4 groupements de promoteurs immobiliers, afin de valider leur démarche de haute qualité environnementale au regard des critères que nous avions proposés.

Enfin, quand le plan campus est allé vers son étape actuelle de rénovation des bâtiments et des espaces extérieurs, nous avons proposé des « manips » scientifiques. Elles seront mises en place selon le même calendrier que les travaux, d’ici à 2021.
 

Comment protéger la biodiversité dans ce contexte de rénovation urbaine ?

Il faut faire des efforts concrets pour identifier la biodiversité et éviter qu’elle ne se dégrade.

Avec par exemple une gestion différenciée des espaces verts : certains vont être laissés en prairie, d’autres en gazon… Nos étudiants avaient fait des relevés botaniques de très bonne qualité, qui ont été repris et prolongés par les bureaux d’étude chargés de l’état des lieux de la biodiversité. Un autre travail étudiant a consisté à chiffrer les économies réalisées si la tonte systématique était abandonnée. C’est le genre de choses qui ont pu être améliorées par l’action du conseil scientifique.

Préserver la biodiversité implique également la création de nichoirs, d’hôtels à insectes, de toitures végétalisées… Ce dernier point permet par ailleurs de travailler la gestion de l’eau, un aspect très important sur le campus.
 

En quoi la gestion de l’eau est-elle importante sur le campus LyonTech-la Doua?

Actuellement, les eaux de pluie du campus arrivent, via les égouts ou les circuits fermés d’évacuation, jusqu’au bassin d’infiltration qui se trouve près de l’IUT. C’est une philosophie qui date des années 1980, voire avant. Cela pose plusieurs problèmes :

  • Les réseaux d’évacuation peuvent être engorgés ou bouchés en cas d’orage ou de fortes pluies, entraîner des inondations, et ils sont chers à entretenir ;

 

  • Les centrales d’épuration ne sont pas faites pour traiter les phénomènes de pics : quand les eaux usées arrivent en trop grand nombre, l’épuration n’est plus possible ;

 

  • L’évacuation des eaux pluviales entraine pas mal de saletés, on envoie vers les bassins d’infiltration des polluants, de la terre, etc. S’il y a de la pollution cela veut dire qu’il faut non seulement un bassin d’infiltration mais aussi, avant, un bassin de décantation, et le bassin d’infiltration finit par se boucher à cause de la sédimentation…

 

Donc la première chose à faire est de séparer les réseaux d’eaux à traiter et d'eaux pluviales, ce qu’on a fait.

Dans un premier temps nous avons transformé une grande partie des parkings en espaces verts (les jardins partagés du Bois-Vert, les parkings le long de la Feyssine), qui sont infiltrants : soit parce que c’est du gravier, soit parce que ce sont des dalles qui ne sont pas pleines. L’eau est renvoyée directement dans la nappe.

Mais parfois les espaces verts ne suffisent pas en terme de surface, il faut donc des systèmes spécialisés qu’on appelle les noues. Les noues sont des tranchées remplies de terre avec plusieurs couches superposées, qui permettent une infiltration plus rapide qu’un sol urbain qui est toujours un peu tassé. Ce sont en quelque sorte des mini-bassins d’infiltration, mais paysagés, qui ressemblent à des espaces verts. Ces prochains temps, vous allez en voir apparaître un peu partout sur le campus !


Publié le 24 avril 2017 Mis à jour le 25 avril 2017