Distinction / prix


Mylène Hugoni, chercheuse en écologie microbienne, membre de l’IUF

Par arrêté de la ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation en date du 12 mai 2021, cinq enseignants-chercheurs de l’Université Claude Bernard Lyon 1 ont été nommés membres juniors de l’Institut Universitaire de France (IUF), à compter du 1er octobre 2021 pour une durée de cinq ans. Découvrez toutes les deux semaines le portrait de l’un de ces lauréats. Le premier portrait est consacré à Mylène Hugoni, maîtresse de conférences à l'Université Lyon 1.

Hugoni
Hugoni

Mylène Hugoni

Maîtresse de conférences à l’Université Claude Bernard Lyon 1
Membre du Laboratoire Microbiologie, Adaptation, Pathogénie

Le cœur de métier de Mylène Hugoni est l'étude des microorganismes, de leurs fonctions et de leurs interactions. Un enjeu de ces travaux repose dans la compréhension des mécanismes d'adaptation à des contraintes qu'elles soient naturelles, ou bien relèvent du changement climatique ou de la pression anthropique.

Mylène Hugoni étudie la diversité des microorganismes présents dans différents écosystèmes allant de l'inventaire microbien en milieu terrestre à des milieux aquatiques ainsi que les fonctions et les interactions qu'ils mettent en jeu pour maintenir le fonctionnement des écosystèmes. Ses travaux l'ont conduit à mettre une emphase particulière sur un milieu lacustre extrême, le lac Dziani Dzaha (Mayotte). En effet, les écosystèmes extrêmes représentent des laboratoires naturels qui abritent bien souvent une richesse et une diversité d'organismes adaptés leur permettant la survie en conditions hostiles. Elle s'intéresse à la microbiologie des microorganismes vivant dans ce lac de cratère tropical original. Ce milieu combine un ensemble de caractéristiques biologiques et géochimiques uniques où les processus d'adaptation des microorganismes y vivant ont conduit à des interactions microbiennes fortes, qui sous-tendent le fonctionnement de ce milieu extrême. L'originalité de son travail repose sur le fait de considérer les microorganismes des trois domaines du vivant afin d'apporter une vision intégrée de ce qu'il se passe dans les différentes niches écologiques de la colonne d'eau du lac. Elle explore plus spécifiquement le potentiel génétique et métabolique d’un phylum d’Archaea énigmatique, les Woesearchaeota, particulièrement abondantes dans le lac Dziani Dzaha. Mylène Hugoni et ses collaborateurs ont ainsi montré que les Archaea présenteraient soit une préférence pour la vie planctonique à l'état libre soit un mode de vie préférentiel attaché à des microorganismes photosynthétiques, supposant des interactions microbiennes fortes et jamais reportées par ailleurs.

Pour Mylène Hugoni, sa nomination à l’IUF représente la reconnaissance de son travail par ses pairs, mais aussi le prestige et l'accès à des conditions de recherche grandement facilitées. L'IUF est également pour elle « un lieu d'échanges avec des acteurs de différentes disciplines qui permettront un enrichissement de mes perspectives scientifiques », explique-t-elle. Cet IUF devrait constituer un tournant dans sa carrière « dans la mesure où il s'agit d'une preuve de confiance donnée pour mon projet de recherche, ce qui ouvre des horizons quant au dépôt de projets d'envergure de type européens », précise-t-elle.

 
Crédits photos : Eric Le Roux / Direction de la communication Université Lyon 1
Publié le 2 septembre 2021 Mis à jour le 14 septembre 2021