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Le quotidien des bibliothécaires, en confinement

Les BU fermées, les bibliothécaires sont (presque tous) en télétravail... mais bien occupés ! Certains bûchent sur la prochaine saison culturelle, d'autres répondent aux étudiants, personnels et chercheurs ou forment les usagers à distance, d'autres encore sélectionnent et valorisent les nouvelles ressources en ligne. Tour d'horizon de leurs missions diverses et variées à l'heure du confinement.

Le service REL : réponses éclairs et renfort du PEB

Renseignements en Ligne (REL) existe depuis 2008, et il a même un "petit frère", le Guichet Unique Chercheurs (destiné uniquement au public des chercheurs). Ce service fonctionne via formulaire. Lorsqu'une personne formule une demande, les bibliothécaires du service reçoivent une notification. Une équipe dédiée, composée d'une vingtaine de membres, se répartit les questions. "Nous avons tous nos spécialités et notre style de réponse, qui rendent ce service vivant et efficace !", explique Christelle Cheval, responsable des services aux publics en sciences. L'équipe s'engage à répondre en 48 heures ouvrées maximum mais en cette période où l’accès à la documentation à distance est primordial, les bibliothécaires ont redoublé d'efficacité : "La semaine du 23 mars, le délai moyen de réponse a été de 2h52 ! Cette même semaine du 23 mars, nous avons reçu en moyenne 5 à 6 questions par jour".


Le Guichet Unique Chercheurs existe depuis 2014

Hasard du calendrier : le 13 mars, juste avant le confinement, l'outil de gestion du REL a été remplacé par un autre, bien plus simple d'utilisation et offrant de nouvelles fonctionnalités très pratiques, qui ont pu être testées et approuvées rapidement par les bibliothécaires du service. Par ailleurs, leurs collègues du "Prêt entre bibliothèques" (rouvert de façon partielle au début du mois) sont venus renforcer l’équipe du REL pour fournir directement depuis la plateforme la documentation accessible. "Ces deux services se complètent parfaitement car ils répondent à la même problématique : donner accès à la documentation le plus facilement possible pour la communauté universitaire." Une vraie synergie s'est mise en place, dans ce contexte particulier de fermeture des campus. Par ailleurs, comme le souligne Christelle Cheval, "Le REL est aussi un moyen pour nous de conserver des liens et des échanges avec notre public, qui nous manque beaucoup depuis le début du confinement. Ce qui nous fait le plus plaisir, c’est de savoir que les réponses ont été utiles, et ont permis à la communauté de poursuivre ses travaux de recherche, son mémoire..."
 

Accès à de nouvelles ressources et mobilisation de la team "docelec"

Thierry Bleux est responsable du Pôle Documentation électronique des BU. Il négocie et coordonne les abonnements et achats souscrits par l’Université. Au quotidien, avec son équipe, il veille à assurer l’accès de la communauté Lyon 1 à la documentation scientifique en ligne. "Depuis la fermeture des BU mi-mars, c’est un peu la barbe (qui a poussé) mais nous nous sommes mobilisés... Rapidement des initiatives ont fleuri : petits ou grands les éditeurs ont ouvert l’accès à des ressources jusqu’alors payantes. A l’écoute des étudiants et chercheurs, nous sommes restés vigilants pour  ne sélectionner que les plus pertinentes"


Thierry Bleux, en télétravail 


Ainsi, les effets du confinement ont été (partiellement) compensés, ce qui est une grande source de satisfaction. Les nouvelles ressources sont nombreuses et pour les faire connaître, elles sont valorisées auprès des usagers sur les réseaux sociaux et sur le site des BU. Au quotidien, l’équipe "docelec" est présente derrière ses écrans et du lundi au vendredi de 9h00 à 17h00 ("et parfois plus"). Beaucoup de questions lui sont posées, les équipes y répondent dans les meilleurs délais, assure Thierry Bleux. "On tient, un peu portés par la confiance qui nous est témoignée, les liens que la distance n’a pas distendus et…. les crêpes. Et bien sûr, on reste en forme grâce aux séances du SUAPS !"

La formation des usagers : de nouveaux canaux investis

Avec l'aide de leurs collègues informaticiens, les bibliothécaires du service formation des usagers ont pu emprunter des ordinateurs portables paramétrés en un temps record pour partir chez eux débuter la période de télétravail ! Certains travaillent aussi avec leurs équipements personnels. "Heureusement, aucun d’entre nous ne vit en zone blanche", précise Nathalie Arband, coordinatrice des formations documentaires pour les masters de sciences, qui assure avec ses collègues la continuité du service, en aménageant les modalités pédagogiques aux circonstances pour assurer les formations prévues et accompagner à distance les étudiants confinés.
 Les tutoriels sont accessibles en ligne sur YouTube
 

"Nous consolidons certaines pratiques et mobilisons notre créativité pour inventer de nouvelles façons d’accompagner les étudiants et de les former : via Webex Meeting... merci d'ailleurs à ICAP, pour les ateliers qui nous ont permis de nous approprier ce nouvel outil." Nathalie Arband souligne que les supports proposés aux usagers et les parcours d’auto-formation en ligne ont été rafraîchis (des visuels plus attractifs ont été intégrés). Les tutoriels disponibles ont également été mis à jour et de nouveaux tutos vidéos sont élaborés. Comme l'indique Thierry Bleux, la BU renforce également sa présence sur les réseaux sociaux : le service formation diffuse sur Twitter, Facebook, et Instagram #LesAstucesdevosBibliothécaires, des focus sur des points méthodo ou des outils pour des recherches documentaires efficaces. "Durant cette période loin d’être facile, nous pensons beaucoup aux étudiants qui n’ont pour certains que de piètres conditions de travail. De notre côté, nous faisons tout notre possible pour aller à leur rencontre et assurer nos missions, et il est probable que dans « le monde d’après », nos pratiques pédagogiques s’en trouveront enrichies", conclut Nathalie Arband.
 

La mission programmation culturelle : du pain sur la planche

Livia Rapatel, responsable mission valorisation, est mobilisée avec ses collègues sur les futurs temps forts de la BU, ainsi que l’ensemble de la programmation 2020-2021. Rendez-vous téléphoniques et échanges de mails s'enchaînent, tout est effectué à distance pour prévoir l'organisation des prochaines manifestations dans le réseau des bibliothèques de Lyon 1. Un des gros chantiers sera la prochaine édition de la Fête de la Science. Le comité scientifique constitué avant le confinement, s'est réuni en visio conférence pour préparer l'exposition Espèces de climat,qui racontera les conséquences des changements climatiques sur les espèces animales, réfléchir aux furuts es ateliers et à la conférence-débat : "La belle surprise est de découvrir que les interlocuteurs sont là et répondent très vite (et même plus vite qu’avant !), en particulier les chercheurs et chercheuses de Lyon 1 associés aux projets. Tous sont très motivés et extraordinairement réactifs !", se réjouit Livia Rapatel. Quant au Festival Science et Manga, il est reporté à l’année prochaine avec une édition encore plus riche et surprenante. "Nous reprogrammerons  également en 2021 la rencontre avec Dominique Sylvain (dans le cadre des Quais du Polar), indique-t-elle, et le groupe de lecteurs Lyon 1 animera avec nous la rencontre avec l'écrivaine... "
 

La traque des champignons à la BU Sciences


Le binôme "inspecte" les magasins de la BU Sciences

D'autres bibliothécaires ne sont pas forcément en télétravail, et pour cause ! En janvier, une inondation a entrainé des fuites sur deux étages de sous-sols (souvenez-vous). Si les collections directement identifiées comme mouillées ont été traitées rapidement pour séchage, l’humidité générée ainsi que des circuits de ruissellement difficiles à identifier ont fait surgir dans les semaines qui ont suivi des moisissures sur certains documents. "Faire une vérification hebdomadaire des documents est indispensable", explique Clémentine Pailhès, la responsable des collections de Sciences : en effet, "Les champignons peuvent se développer plusieurs mois après le sinistre si les documents n’ont pas pu sécher correctement. Les moisissures sont volatiles et il est hors de question d’infecter d’autres zones de la bibliothèque ! C’est pourquoi, chaque semaine, nous sommes deux à aller vérifier l’état des documents dans deux magasins de conservation de la BU Sciences. Nous sommes évidemment équipées de blouses, charlottes, sur-chaussures, masques et gants. Bonne nouvelle : si les deux premières semaines de confinement, certains fascicules ont été isolés car présentant des tâches suspectes, depuis, aucun nouveau document infecté n’a été détecté !"


Le recours à la visio-conférence, comme dans tous les services (Utilisez Cisco)


Des mission éclectiques mais des bibliothécaires unanimes : les étudiants leur manquent, et la réciproque est valable, pas un jour ne passe sans qu'un étudiant ne déclare sa flamme à sa BU sur les réseaux !

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Publié le 20 avril 2020 Mis à jour le 8 juin 2020