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Cancer : vers un diagnostic précoce et un suivi plus sûrs

 

Des chimistes du laboratoire Chimie, catalyse, polymères et procédés (C2P2, CNRS/Lyon 1/ESCPE Lyon) ont développé des matériaux poudreux innovants pour purifier simplement et rapidement les traceurs injectables aux patients atteints de cancer. Ces poudres permettraient un diagnostic et un suivi sans exposition à des matières toxiques. Prometteurs, ces travaux sont publiés dans la revue Angewandte Chemie International Edition.

L’allongement de la durée de vie, les modifications des rythmes de vie et l’accroissement de la population conduisent à une augmentation importante du nombre de cancers ; la lutte contre le cancer est donc considérée comme une priorité sociétale par la communauté médicale et scientifique. Cette lutte passe par le développement de méthodes analytiques permettant un diagnostic sûr et précoce et un meilleur suivi de l’efficacité des traitements thérapeutiques : une voie suivie par des chercheurs du laboratoire Chimie, catalyse, polymères et procédés (C2P2, CNRS/Lyon 1/ESCPE Lyon), en collaboration avec l’ISA/Centre de RMN à Très Haut Champs, l’ETH de Zurick, l’EPFL de Lausanne et l’ENS Paris. Le Dr Thieuleux et ses collègues ont développé des matériaux poudreux innovants, permettant un procédé simple et rapide de purification des traceurs utilisés dans la technique de l’IRM par hyperpolarisation.

Une technique de diagnostic précoce

L’IRM par hyperpolarisation permet, par injection dans la personne de traceurs biologiques polarisés, de déterminer l’activité métabolique de tumeurs à un stade de développement précoce et d’obtenir des images très résolues. L’hyperpolarisation d’un traceur est obtenue par mise en contact de celui-ci avec des radicaux dans un polariseur adossé à l’imageur IRM. Ces radicaux potentiellement toxiques doivent ensuite être séparés le plus rapidement possible et le plus quantitativement possible de la solution de traceurs, en amont de l’injection et de l’acquisition de l’image IRM.

Des poudres qui permettent une hyperpolarisation remarquable, sans résidus toxiques

Au C2P2, huit années de recherche ont été nécessaires au développement de ces matrices solides polarisantes, nommées HYPSO pour « HYbrid Polarizing Solids ». Ces poudres contiennent des radicaux immobilisés à la surface des grains. En jouant sur la microstructure (interconnectivité du réseau poreux, volume poreux et taille des pores) et sur la granulométrie de la poudre polarisante, les chercheurs viennent de développer une nouvelle génération d’HYPSO. Nommée HYPSO-5, cette génération permet d’atteindre des niveaux d’hyperpolarisation remarquables, tout en obtenant une solution hyperpolarisée pure, sans radical résiduel grâce à une séparation extrêmement rapide par simple filtration. Cette nouvelle génération de solides constitue donc une avancée majeure vers l’acquisition d’images de tumeurs par IRM par hyperpolarisation. 





Pour aller plus loin : article du CNRS

Publié le 30 mars 2018