Santé


1ère mondiale: opérer l'endométriose en douceur grâce aux ultra-sons

La technologie employée, FocalOne®, a été développée par le Laboratoire pour les Ultra-sons Thérapeutiques (LabTau).

En France, 10 à 20% des femmes en âge d'avoir des enfants souffrent d'endométriose, une maladie chronique très douloureuse qui a de nombreuses répercutions sur la santé et la qualité de vie.

Grâce à la technologie de chirurgie par ultra-sons focalisés FocalOne®, développée par le LabTau de l'Université Claude Bernard Lyon 1 en partenariat avec l'entreprise EDAP TMS et les Hospices Civiles de Lyon (HCL), le traitement de certaines formes d'endométriose devrait être à court terme beaucoup plus soutenable pour les patientes.

L'endométriose a de nombreuses complications

L’endomètre est le tissu qui tapisse l’utérus. Au cours du cycle, sous l’effet des hormones (oestrogènes), l’endomètre s’épaissit en vue d’une potentielle grossesse. S’il n’y a pas fécondation, il se désagrège et est évacué par le corps. Chez la femme qui souffre d'endométriose, des cellules de l'endomètre vont remonter et migrer via les trompes.

Le tissu qui se développe alors hors de l’utérus provoque des dégâts variés dans les organes colonisés. Cette colonisation, qui a principalement lieu sur les organes génitaux et le péritoine, peut concerner l'appareil digestif dans 1 cas sur 5.

Les ultra-sons pour remplacer la chirurgie lourde

Pour soigner l'endométriose avec atteinte digestive, la chirurgie proposée jusqu'à présent était lourde: une intervention de 4 à 6 heures permettait de couper ou raser les lésions. Le post-opératoire est délicat, avec une hospitalisation de 7 à 10 jours, un arrêt de travail de 1 à 3 mois et des suites opératoires invalidantes.

Sur une idée du Professeur Gil Dubernard, PU-PH Université Claude Bernard Lyon 1/HCL, FocalOne®, une technologie employée depuis 2014 pour traiter le cancer de la prostate, a été adaptée pour l'endométriose digestive par le LabTau. Ce "détournement" ingénieux fait actuellement l'objet d'un essai clinique qui doit rassembler 10 patientes au total.
 

Destruction de l'endométriose digestive par ondes HIFU


"L'appareil est identique dans les 2 cas, mais nous avons dû faire un travail de modélisation pour recalculer les paramètres d'intervention", précise Jean-Yves Chapelon, directeur de recherche INSERM au LabTau, à l'origine du projet de recherche qui a permis la conception de FocalOne®.

Hospitalisées la veille de l'intervention, qui ne dure que quelques minutes, les patientes ressortent dès le lendemain. Quatre patientes ont déjà été opérées, sans scalpel, ni cicatrice, ni aucune complication constatée à 14 mois.
 

Une technologie développée à Lyon 1 

FocalOne® a été mis au point et développé au LabTau avec les HCL et EDAT TMS, un entreprise créée en 1985 à partir d'un projet du laboratoire. Cette technologie est en usage depuis 2014. C'est un perfectionnement d'ABLATHERM, un modèle mis sur le marché en 2001, couronnant plus de 10 ans de recheches et divers dépôts de brevets.

Ces technologies ont révolutionné pour les patient.es le traitement de certains cancers, en limitant le recours à des chirurgies invasives et mutilantes.

Le LabTau fait partie des rares laboratoires mondiaux à être labellisé par la Fondation pour les Ultra-sons Thérapeutiques. Sa collaboration étroite avec les HCL et le Centre Léon Bérard, ainsi qu'avec d'autres centres hospitaliers en France, permet aux patient.es de bénéficier rapidement des avancées de la recherche.


Publié le 21 avril 2017